Sören Frappart, étudiante à l'ECCD, se lance dans une thèse sur le sujet : « Développement et changements conceptuels du phénomène de gravité chez l'enfant ».
Première question : « si on lâche une pierre sur Terre, dans une navette spatiale ou sur la Lune, que se passe-t-il et pourquoi ? » On note les réponses, et on compare…
Les résultats sont étonnants ! Jusqu'au CE1, la pierre tombe sur la Lune comme sur Terre. Après tout, la Lune c'est comme la Terre, en plus petit !
Par la suite, ça se gâte. Au collège on pense généralement qu'une pierre flottera sur la Lune, parce que dans l'espace, il n'y a pas d'air, donc pas de gravité, voyons !
En terminale ce n'est guère mieux. La pierre retombe sur la Lune, mais pas forcément en ligne droite, et les explications sont assez vaseuses…
Avant le CE1, on donne les bonnes réponses mais pas les bonnes explications. N'empêche que tout reste très logique.
En fin de primaire et pendant le collège, c'est franchement le bazar. Tous les repères sont tourneboulés.
Les connaissances ne redeviennent cohérentes qu'en fin de lycée, et les explications deviennent enfin proches de la réalité. Mais vraiment tout doucement…
Sören a réalisé d'autres expériences. Elle a ainsi testé une classe de 5e avant et après un atelier pédagogique à la Cité de l'espace, un parc scientifique à Toulouse mêlant attractions et médiation scientifique.
Après l'atelier les enfants répondent plus souvent qu'une pierre tombe sur la Lune (61% contre 8% avant), mais ils ne savent toujours pas bien pourquoi elle tombe !
Ces fluctuations de la représentation du monde, au cours de l'enfance, tiennent à l'évolution psychologique de l'enfant, ou au mode d'apprentissage qu'on lui impose ?
Sören poursuit sa thèse, qui doit se terminer dans un an. Je ne sais pas si elle aura une réponse.
En attendant, je me demande si les enseignants comprennent toujours bien ce qu'ils enseignent.
Moi, par exemple, je ne comprends toujours pas l'effet gyroscopique, bien que j'ai manipulé des formules mathématiques me permettant d'en calculer les forces.
En effet, lorsque qu'une toupie tourne sur elle même à l'horizontale, posée sur mon doigt à une extrémité d'un axe libre la traversant, bien qu'elle m'oblige à tourner sur moi même pour rester à l'horizontal, je trouve ça miraculeux.