Critiqué par l'aile droite du PS, Benoît Hamon s'explique... et riposte
22/10/2010 à 19h57 - mis à jour le 23/10/2010 à 13h00 - Le Post -
Son éventuelle rencontre avec Chavez, sa position sur les retraites et le clan DSK, les soucis causés à Aubry... Sur Le Post, le porte-parole du PS s'explique.

Benoit Hamon | MAXPPP
À quoi joue Benoît Hamon ? Le porte-parole du PS sème le trouble au sein de son propre parti. Les strauss-kahniens l'attaquent, la patronne des socialistes Martine Aubry se retrouve dans l'embarras.
La raison : mardi, interrogé sur
RTL sur les retraites, Hamon
s'est démarqué de la position du parti sur l'allongement de la durée de cotisation. Alors que le PS a acté les 41,5 ans de cotisation à l'horizon 2020 prévus dans la réforme Fillon de 2003, celui qui représente l'aile gauche du PS a affirmé qu'en cas de victoire en 2012, la gauche mettra "en débat" cette question.
Le soir même, devant le bureau national du PS, alors que les strauss-kahniens tentent de faire son procès,
Martine Aubry a choisi de ne pas le désavouer, appelant à ne pas se désunir, souligne
Le Monde. Et jeudi, elle a dû faire
une mise au point en réaffirmant la position du PS.
Du coup, l'aile droite du PS a porté ses critiques dans les médias. Jeudi, sur
France Inter, Manuel Valls a qualifié de
"faute politique" la sortie de Hamon. Et vendredi, au tour des partisans de Dominique Strauss-Kahn. Jean-Marie Le Guen estime dans
Le Parisien que
le PS n'a pas à "courir après Mélenchon" (article payant). Marisol Touraine, chargée des retraites, lâche sur
Public Sénat que "tout ce qui vient susciter le doute sur la cohérence d'ensemble" du projet du PS sur les retraites
"est mal venu".
Ce n'est pas la première fois que Benoît Hamon s'attire les foudres de l'aile droite du PS. Déjà, en septembre, son meeting commun avec Olivier Besancenot du NPA avait été dénoncé en interne par les partisans d'une ligne sociale-démocrate (
Lire l'article sur le sujet : "Hamon se rapproche de Besancenot: Moscovici et Collomb confient leur 'malaise'").
Benoit Hamon et Olivier Besancenot, le 10 janvier 2009, à Paris (MaxPPP).
Au PS, les adversaires de Benoît Hamon le suspectent de se positionner pour les primaires. "Hamon veut se présenter contre Dominique Strauss-Kahn et tenter de rassembler la gauche de la gauche. Il tente de coller aux manifestants pour ne pas laisser le seul espace à Jean-Luc Mélenchon. Ce qui est gênant pour le PS, c'est qu'on ne sait pas s'il s'exprime en tant que futur candidat ou en tant que porte-parole. Martine Aubry doit éclaircir cette question", enrage un socialiste dans un article du
Monde intitulé
"Benoît Hamon met en difficulté le Parti socialiste sur les retraites".
Et vendredi,
Europe 1 annonce dans sa rubrique
"Le buzz politique" (son toujours pas mis en ligne, vendredi, à 19h45) que Benoît Hamon s'apprêterait à effectuer une visite au Vénézuéla pour voir... Hugo Chavez. De quoi énerver encore plus ses détracteurs...
Contacté par Le Post, Benoît Hamon s'explique en n'éludant (presque) aucun sujet.Sur son éventuelle visite au Vénézuéla pour voir Hugo Chavez :
Benoît Hamon assure que ce déplacement "n'est pas encore confirmé". "J'ai reçu plusieurs invitations pour des visites à l'étranger, dont une au Vénézuéla, en Equateur ou au Québec", explique-t-il au
Post. Mais s'il y va, va-t-il rencontrer Chavez ? "J'ai très envie d'aller voir tout le monde et si je vais là-bas, je vais évidemment rencontrer le président vénézuélien", assure-t-il.
"Je ne vais pas dire non car cela ferait réagir les strauss-kahniens", ironise-t-il. Avant de lancer, sûr de lui : "Je vois mal qui va me faire le reproche d'aller voir un dirigeant de gauche..."
Le porte-parole du PS explique par ailleurs que si certains aspects de la politique du président socialiste vénézuélien lui paraissent "intéressants", comme son "expérience économique et monétaire", il ne partage pas
la proximité d'Hugo Chavez avec le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, l'attribution
du coup d'Etat en Equateur aux Etats-Unis ou
"ce qu'il fait sur la presse".

Je ne me souviens pas que les militants du PS aient voté pour " acté les 41,5 ans de cotisation à l'horizon 2020 ".
Ca va faire comme pour le traité européen... le PS dira OUI... et le peuple dira NON.