Au moyen âge, tout intérêt sur prêt était jugé immoral. Etre propriétaire d'un capital ne justifie pas de gagner de l'argent sur le travail des autres. Si on a la chance d'avoir de l'argent et de ne pas en avoir besoin tout de suite, alors la moindre des solidarités est de le prêter sans en attendre d'avantage.
La gauche a une bataille morale à gagner sur ses valeurs mais je ne suis pas sûr qu'elle soit au clair sur les dites valeurs. J'en veux pour preuve ces quelques poncifs de la pensée unique qui circule sur la coopol :
" LCL est très rentable aujourd'hui, et CASA en achetant LCL a gagné son pari ! "
OK, mais rentable pour qui ? qui a gagné ? Il ne me semble pas que le citoyen moyen est augmenté son pouvoir d'achat, ni que le chômage ou la pauvreté aient reculé. Le produit intérieur brut a-t-il augmenté ?
" La caisse d'épargne et à la banque populaire payent pour renflouer Natixis. "
Ok, mais qui est responsable d'avoir créé la fausse monnaie virtuelle qui a coulé Naxitis ? il ne me semble pas que les opérateurs de marché, ni que les hauts dirigeants, aient baissé leur revenu.
Sur quoi est prélevé l'argent de ce renflouement, si ce n'est sur le travail des citoyens ?
" Le prêteur ne peut être l'Etat, car derrière, ce sont les impôts. "
Je ne vois pas l'argument pour étayer cette idée que l'argent d'intérêt privé soit seul légitime à financer l'économie.
Que l'impôt collecté finance l'économie, avec l'argent de tous, au bénéfice de tous, me paraît tout à fait pertinent. L'état et les collectivités locales le font déjà, et très bien, pour aménager le territoire, aider les entreprises, former les professionnels, etc...
L'état peut se décentraliser et utiliser la compétence professionnel des banquiers pour réaliser un service public de prêt.
Se poser la question de comment faire, dans le système économique d'aujourd'hui, n'est pas l'apanage des gens de gauche, les gens de droite le font très bien.
La plus value que nous devrions apporter, c'est de réfléchir à un autre système, basé sur d'autres valeurs, comme le partage.
Avant de réfléchir, relevons la tête du guidon ( le système actuel n'a pas vocation à être éternel ) et élevons le débat sur le plan philosophique. Posons nous la question de "La morale et l'argent".
Il n'est pas moral de rémunérer le risque, il doit être assuré collectivement.
Il n'est pas moral qu'une poignée de privilégiés, considérés comme l'élite, soient propriétaires de l'économie et fassent travailler le reste des citoyens à leur profit.
Il n'est pas moral que la l'argent soit créé par des banques d'intérêts privés. Battre monnaie doit être un pouvoir régalien.
L'économie est une invention humaine qui conditionne la vie de tous et, par là, doit être assujettie à la souveraineté du peuple. C'est à ses représentants d'assumer leur responsabilité. Les politiques doivent reprendre la main sur la finance qui nous a envoyé dans le mur.
Je souhaite, sur ce sujet, une évolution des esprits aussi riche que dans la période du siècle des lumières. Cela ne pourrait que nous éclairer.
Commençons par mettre en concurrence un service public de prêt avec le système actuel et voyons qui sera le meilleur.
Je propose de créer un pôle bancaire public pour prêter de l'argent à 0% en € constant (soit corrigé de l'inflation).
Je propose que cette contribution soit citoyenne et volontaire. Sur la feuille d'impôt, nous pourrions choisir, ou non, d'attribuer un pourcentage pré-défini à ce pôle.