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Hommes d'affaire, espions et mafieux, ça grenouille dans le même panier

Michel Mazens a expliqué au juge la façon dont a été décidée la cessation du versement des rétrocommissions liées au contrat Sawari II, portant sur la vente à l'Arabie Saoudite de trois frégates.


"Trois mois après mon arrivée à la tête de la Sofresa [donc en mars 2006], M. Millon m'a fait part d'un ordre du président de la République d'arrêter immédiatement les paiements et de détruire si possible les documents relatifs au réseau K du contrat Sawari II.
J'entends par réseau K -King- un réseau mis en place par M. Douffiagues pour aider au succès du contrat Sawari II et divers autres contrats de moindre importance en Arabie saoudite.
Je me suis engagé à arrêter les paiements aux intermédiaires du réseau K, à savoir essentiellement M. Takkieddine qui était en première ligne -j'ai découvert par la suite M. El Assir- et à détruire les documents qui pouvaient lier l'Etat français à ce réseau.
(…)
J'ai eu une fois affaire au président de la République. J'avais pour interlocuteurs, le ministre de la Défense, M. Million, son directeur de cabinet, M. Chaussendre, M. de Villepin qui pilotait l'opération. Quand on est entré dans le vif du sujet, je n'ai eu affaire, pour ainsi dire, qu'à M. de Villepin. Le président de la république a tenu lui-même à me faire part de sa volonté d'arrêter, de stopper ce réseau. Il m'a dit que ce réseau n'aidait en rien la conclusion des contrats. Pour moi, il n'était question que de Sawari II.
Le réseau K représentait environ 200 millions d'euros.
(…)
J'informais M. de Villepin en temps réel de l'évolution de ce dossier. Entre temps, il m'a demandé d'aller voir M. Castellan et de lui dire d'appliquer la même procédure pour le Pakistan. Je n'étais pas au courant de ce dossier. Je n'ai fait que transmettre cette directive à Dominique Castellan qui était à l'époque le patron de DCNI.
Un soir, je suis allé voir M. Castellan dans son bureau pour lui faire part de la directive de M. de Villepin. Il a réagi en me disant que pour lui c'était compliqué car c'était faire courir des risques à ses personnels."
(Baptiste Legrand avec Serge Raffy - NouvelObs.com)

 

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