Une majorité des salariés de France Télécom n'est plus fière d'appartenir au groupe, selon le rapport de Technologia, présenté lundi 14 décembre, à partir d'un questionnaire auquel ont répondu 80 000 des 102 000 salariés français.
Seulement 39 % des salariés de France Télécom se disent "aujourd'hui" fiers d'appartenir à leur entreprise, alors qu'ils sont 96 % à affirmer qu'ils étaient fiers "auparavant".
Le PDG du groupe Didier Lombard et le numéro deux Stéphane Richard n'étaient pas présents à la remise du rapport, a précisé Nabyl Beldjoudi (FO) à l'AFP.
La fierté d'appartenance est "un indicateur fort, dont Technologia nous a dit que c'est le dernier qui se dégrade. Cela en dit long sur le ressenti du système de management", a souligné M. Beldjoudi.
Les salariés se disent aussi à 55 % "plutôt pas satisfaits" sur le plan professionnel, et à 45 % "plutôt satisfaits", a indiqué Pierre Morville (CFE-CGC), évoquant "une photographie très noire" du groupe.
De même, 65 % des salariés affirment que leurs conditions de travail se sont dégradées, contre 30 % qui disent qu'elles sont restées inchangées et 5 % qui les ont vu s'améliorer. Le sentiment de dégradation est très fort chez les non- cadres (75 %) et chez les salariés ayant le statut de fonctionnaires (72 %). "Technologia a indiqué que les conditions de travail étaient nettement plus défavorables à France Télécom qu'ailleurs en France", a affirmé M. Beldjoudi.
52 % disent aussi qu'il leur est arrivé de se sentir "très fatigués ou stressés dans les douze dernier mois", 40 % que cela leur arrive "souvent" et 8 % que cela ne leur est pas arrivé. Ils sont par ailleurs que 39 % à dire que leur santé s'est dégradée ces cinq dernières années, 60 % qu'elle s'est maintenue et 1% qu'elle s'est améliorée.
Selon M. Morville, le rapport insiste sur "la liaison entre conditions de travail difficiles et fragilisation de la santé physique et mentale", et montre que "beaucoup de personnes pensent que les valeurs qu'elles défendent sont entrées en contradiction avec le management ou les objectifs de l'entreprise".
Le rapport souligne aussi "des relations sociales dégradées" liées "à la pression managériale et la disparition du collectif des collègues", a précisé M. Beldjoudi. Il révèle également des métiers "à risques" : ceux "liés à la vente et à la clientèle, comme la distribution, les centres d'appels, les interventions chez les clients", a ajouté M. Morville.
C'est curieux comme notre élite, se targuant d'être dépositaire des seules valeurs qui vaillent, enfonce toute la société dans la noirceur d'un travail toujours plus dévalorisé.